Instants d'émotion suscités par le découverte d'un lieu, d'une personne, d'une oeuvre littéraire ou d'un autre domaine artistique. Partager ce moment enchanteur par ce blog.
La découverte d'une ville, ne peut-être complète sans la visite de l'un ou l'autre de ses musées. A New York, la partie de Fith Avenue comprise entre 82nd Street et 105th Street est surnommée "Museum Mile". Les musées les plus réputés (Guggenheim Museum, le Whitney Museum of American Art, la Frick Collection, ...) sont concentrés dans ce périmètre.
Mon véritable coup de coeur a pour nom le Noguchi Museum, qui lui, se situe d'un tout autre côté, à Long Island. Ma passion pour le Japon doit y être pour quelque chose, mais Noguchi est sans conteste un artiste de talent de renommée internationale.
Isamu Noguchi naît en 1904 au Japon où il passe son enfance. Son père était un poète nippon reconnu et sa mère écrivaine américaine.
Isamu entreprend ses études supérieures dans l’Indiana. Ensuite, il voyage en Chine, en Inde, au Japon, entre autres, et séjourne en France où il devient l’assistant de Brancusi en 1927. Très jeune, il s’intéresse déjà à la sculpture et cette expérience va confirmer plus tard cette orientation artistique.
Après cette période d'apprentissage et de découverte d'horizons nouveaux, il vient s'établir à New York en 1929. Ses œuvres se vendent mal, à une époque de Grande Dépression. Lorsqu'il étend son activité à l’architecture et au paysagisme, le succès commence à lui sourire.
L’attaque sur Pearl Harbor déclenche une vague anti-japonaise aux Etats-Unis. L’artiste révolté contre l’oppression subie par ses compatriotes, poursuit son travail en dépit de ce contexte négatif.
Son travail
Sa vision artistique se traduit dans la vie quotidienne par la création d’objets et de mobilier. Ses meubles sont devenus de véritables références du design des années 40-50, comme la Coffee Table, créée en 1944, qu'il considérait comme sa création la plus réussie.
La collection de lampes Akari associe la technique traditionnelle japonaise de fabrication du papier de mûrier aux formes organiques de ses sculptures.
Il est sans doute, le plus japonais des designers américains.
Isamu Noguchi conçoit également des céramiques, des verreries, des décors de scène, des espaces publics, urbains ou paysagers...
A partir des années 1960, il délaisse le design pour s'adonner exclusivement à la sculpture.
Il disparaît en 1988, à l’âge de 84 ans, laissant derrière lui une œuvre d’une grande diversité.
Le musée
En 1985, il fonde à Long Island un musée dédié à ses sculptures. Quelques 200 œuvres réalisées entre 1920 et 1980 sont exposées dans une ancienne usine réaménagée. L’endroit est sobre, calme, et un petit jardin japonais expose quelques unes de ses oeuvres.
Les matières sont aussi diversifiées que son travail, métal, bois, argile, pierre, tout en gardant une cohérence, une sensualité de la forme, un aspect organique, un contraste entre le brut et le lisse, le brillant et le mat. Certaines installations sont assez monumentales, mais jamais outrancières. La nuance, la subtilité caractérisent son travail qui atteint une certaine universalité que seul les tous grands atteignent. Nous ne pouvons qu’être touchés par ce langage sculptural si essentiel et à haute valeur poétique.
link http://www.noguchi.org/museum