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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 11:29

Le Shekhavati laisse en témoignage de son riche passé, de somptueuses demeures décorées de fresques qui ornent aussi bien ses murs intérieurs que ses murs extérieurs. Cette région du Nord de l'Inde, à quelques encablures de la capitale compte un chapelet de bourgades et de villages où des marchands aisés font édifier leurs "hôtels particuliers".

Je vous emmène à Mandawa (à 270 km de Delhi) et à Nawalgarh où la plupart de ces habitations datent du XIXème ou du début du XXème siècle.

Aujourd'hui, beaucoup d'entre elles sont abandonnées et laissées au seul regard des touristes.

0158-Nawalgarh.jpg

Les commanditaires 

Le Shekhawati occupe alors une position stratégique sur la route des caravanes. Les seigneurs du Shekhawati attirent par des privilèges importants, des exemptions de droits de douane, des marchands venus des états voisins qui s'y établissent. Des escortes les accompagnent, ce qui leur permet d'acheminer leurs marchandises en toute sécurité. Ils prospèrent et se muent en bâtisseurs prolifiques.

Le rétablissement des droits de douanes par les Anglais, mais aussi l'introduction de marchandises britanniques sapent le commerce caravanier. L'essor du chemin de fer et de la navigation sonne leur déclin.

 

0275-Mandawa.jpgLa composition d'un haveli

La conception de ces habitations est parfaitement adaptée aux usages sociaux et aux impératifs familiaux de l'époque en respectant la séparation des hommes et des femmes. Le plus souvent, les pièces du logis se répartissent autour de deux cours distinctes. Après avoir franchi la porte d'entrée, le visiteur accède à la première cour, bordée de deux salles ouvertes. C'est la pièce de réception, nommée baithak et la partie réservée aux hommes.

Séparée par quelques marches et par son entrée en chicane, la seconde cour, est l'espace dévolu aux femmes.

Au rez-de-chaussée, se trouvent les pièces fonctionnelles (cuisine, réserves d'eau et d'aliments). Le premier étage est consacré aux chambres. Certaines sont ouvertes et sont utilisées lors des grandes chaleurs. Le maître couche dans une chambre, souvent richement peinte, située au-dessus du porche d'entrée.

0262-Mandawa.jpgLes peintures

L'extérieur comme l'intérieur des haveli est peint selon diverses techniques sur enduit humide ou sec. Plusieurs équipes d'artisans travaillent sur un même projet. L'une, composée de maîtres, traite les parties les plus "nobles" de la demeure (baithak ou chambre du propriétaire). L'autre, composée de maçons locaux, se charge de décorations plus mineures. Les maîtres sont de véritables artistes itinérants qui louent leur talent de ville en ville.

La palette de couleurs

La couleur ocre (un pigment naturel), associé au vert prédomine jusqu'en 1860. Avec l'introduction des pigments chimiques, la palette s'étoffe et le bleu est principalement utilisé.

0181-Nawalgarh.jpgLes thèmes

Des épisodes  empruntés à la mythologie ou à la vie des grands personnages locaux figurent parmi les thèmes repris dans les peintures.  Des scènes érotiques, des représentations des objets et mode de vie du modernisme à l'occidentale observés par les marchands dans les grandes villes, viennent compléter cette sorte de bande dessinnée.

 

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 21:35

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A Caus'elles, le dernier album d'Alain Souchon est une reprise de chansons qui ont bercées son enfance. Ce sont ces refrains chantonnés par sa maman dès son berceau, qui lui ont donné cette envie de s'exprimer par la musique, le texte. Ces succès précédents nous plongeaient déjà un peu dans ce monde enchanteur de l'enfance, avec notamment "J'ai dix ans". Ce morceau est repris pour notre grand bonheur dans ce CD.

J'ai eu le plaisir d'assister à un des showcase de Souchon à Bruxelles chez Mr. Wrong. Concert intimiste, Alain accompagné uniquement par son fils Pierre, nous raconte ces morceaux choisis avec une authenticité et une vérité qui nous attendrissent et font peut-être croire à certains qu'ils ont encore dix ans.

 

P1060544.jpg

 

Parmi les 14 chansons du CD, la très belle et triste aventure de "La mort de l'ours" de Felix Leclerc. Nous retrouvons d'autres titres peuplés d'animaux comme "L'hirondelle", "Les crapauds". Les morceaux sont souvent teintés de mélancolie, de tristesse comme le sont bien souvent les contes.

Des prénoms viennent émailler d'autres chansons comme "Simone" une fillette amoureuse d'un curé; "Le petit Grégoire" enfant de petite taille et enfin "La chanson de Marianne", Marianne avait un cheval blanc quand son cheval prit le galop.

 

Le poète Alain interprète un poème de François Villon sous le titre "Je plains le temps de ma jeunesse".

Hé! Dieu, si j'eusse étudié

Au temps de ma jeunesse folle,

Et à bonnes moeurs dédié,

J'eusse maison et couche molle.

Mais quoi ? Je fuyais l'école,

Comme fait le mauvais enfant.

En chantant cette parole

On dirait que le coeur me fend.

 

Il est encore question d'école dans "En sortant de l'école" ou dans "Le jour et la nuit" l

Il y a le jour, il y a la nuit

Il y a le jour et la nuit,

Il y a le jour, il y a la nuit

Il y a le jour et la nuit.

Le jour

On m'colle à l'école et je vais au collège

...

Mais la nuit la nuit

...

La nuit c'est moi qui décide.

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Le carnet des chansons est agrémenté de dessins de Sempé, un autre mélancolique avec un regard d'enfant sur le monde des adultes.

Les royalties issues de la vente de l'album sont reversées pour lutter contre le cancer des enfants. L'achat d'un album, est aussi une manière d'aider les enfants atteints du cancer.

 

  P1060480.jpg

 

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 00:00

La valeur d’un objet relève souvent plus de l’affect,  lié à tout ce qu’il évoque en tant que souvenir et contribue à  faire revivre certains moments vécus.

Une théière en terre cuite m’a été offerte à l’occasion de mon anniversaire. Il s’agit d’une terre de Yi Xing, ville chinoise au sud de la province de Jiangsu. Cette terre appelée argile violette à cause de la couleur qu’elle prend à la cuisson est réputée pour son taux de fer et de silicium élevé.  Sa forte porosité offre une meilleure oxygénation du thé et permet aux arômes de mieux s’exprimer. Elle conduit moins la chaleur et brûle donc moins les mains et ne se fissure pas en passant du froid au

chaud.

 

The-home-1.jpg

Ce morceau de terre cuite me replonge dans un épisode vécu au cours d’un périple en Chine début novembre 2010.

Une étape du voyage était Xian, l’une des six anciennes capitales de la Chine antique. Certains spécialistes chinois affirment qu’elle était déjà florissante au 3èmemillénaire avant notre ère. La route de la Soie débutait par cette ville, les marchands d’Asie centrale lui léguèrent de nombreuses traces de leurs différentes cultures.

10914-Xian-tombeau-1er-empereur.jpg

Un séjour à Xian est presque incontournable, car à une trentaine de kilomètres, à Lintong, une armée enterrée de soldats en terre cuite a été découverte en 1974. Cette armée était destinée à accompagner l’empereur Shi Huangdi (221-210 av .J-C) dans l’au-delà. Un total de 7000 fantassins et cavaliers sont répartis dans trois fosses. Les soldats les plus grands dépassent 1m80. Hommes et chevaux ont été façonnés dans une argile jaune d’abord cuite, puis peinte.

10856-Xian-remparts.jpg

 Après cette découverte impressionnante, faisons connaissance avec Xian en nous baladant sur ses remparts. Ces imposantes murailles défensives, d’une longueur de 14 km, d’une hauteur de 12 m et d’une épaisseur de 15 à 18 m, sont l’œuvre de l’empereur Hongwu (1368-1398), le fondateur de la dynastie Ming. De là-haut,  nous remarquons un quartier qui attire notre attention, rues à échelle plus intimes, échoppes de calligraphies, de matériel à calligraphier (pinceaux, …).

10854 Xian remparts

Le lendemain, nous parcourons ce quartier convoité. Nous avions envie d’une pause. Mais à cet endroit, point de bistrots comme en Occident. La soif nous tenaillait, quand Jean-Pierre nous emmène dans une boutique à thé.

Xian-the.jpg

Nous prenons place sur des petits tabourets autour d’une table sculptée à partir d’une racine d’arbre, sa forme est donc très organique, sensuelle et accueillante. Si la communication avec les chinois n’est pas toujours aisée, notre hôtesse semblait deviner nos souhaits.  Nous assistons à la cérémonie du thé.

La première étape consiste à faire bouillir l’eau, qui est déversée, sur la table pour la réchauffer. La même opération est répétée pour la théière, afin de la mettre à température. A l’aide d’une mini louche, le thé est déposé dans la théière et y est laissé infuser. 

Pendant ce temps, de l’eau chaude est déversée dans un grand bol dans lequel sont placées des petites tasses. Ces coupelles sont retournées à trois reprises dans le bol. Les tasses sont à nouveau remplies d’eau et l’eau est déversée sur la table (ou bateau de thé ou claie).

Après seulement, le thé est servi dans les coupelles, après en avoir, comme le vin, humé le parfum. Ensuite, vient le temps de la dégustation.

Le fait de retourner les coupelles trois fois a la signification suivante : une fois pour la terre, une fois pour les esprits, une fois enfin pour le ciel.

Cette méthode de préparation du thé se nomme Gong fu cha.

The-home-tasses.jpg

A propos du thé

Le thé est donc bien un art de vivre. Ce breuvage ancien a déjà fait l’objet d’un ouvrage le «Classique du thé» (Cha Kinf) de Lu Yu, écrit en 780, sous la dynastie des Tang (618-907). Par ce livre, le thé est devenu breuvage spirituel, thème de poèmes et de peintures, sujet de réflexion. Il se consommait dans des échoppes le long du fleuve Bleu. Le thé est la plus ancienne boisson de l’humanité et la plus consommée dans le monde. Son histoire est aussi intimement liée à la santé de l’homme. Il fallait bouillir l’eau avant de la boire pour des raisons hygiéniques. Cette boisson a également des vertus médicinales : stimulants cardiaques, cérébraux, diurétiques, antiseptiques. 

En pratique

Une fois ma théière reçue, je me devais d’en tirer le meilleur usage et de respecter certaines règles.

Une théière est utilisée pour une catégorie ou une famille de thé.

Il est préférable de marier la couleur du thé à la couleur de sa théière

Le premier thé est réservé à sa théière : un récipient qui n’a jamais servi absorbera beaucoup la première infusion. On appelle cela le culottage de la théière.

Autre règle, ne jamais utiliser de détergents.

Je me suis donc rendue au palais des thés, où l’on m’a recommandé un thé Wu Long, adapté à ma théière. J’ai mis tous les conseils en pratique et ai dégusté le thé d’une autre façon. Comme dit T’ien Yi-Heng "On boit le thé pour oublier le bruit du monde".

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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 14:32

"Donnez-nous des jardins" chante Pierre Perret.  Patrick Blanc lui introduit la nature dans nos villes par le concept de mur végétal, mis au point au milieu des années 90.  Ce botaniste aux cheveux verts est un scientifique reconnu, chercheur au CNRS et docteur d'état ès Sciences à l'université Pierre et Marie Curie. Ses murs verticaux apportent une bouffée d'oxygène, une image d'Eden recomposée, vous les voyez à Paris, à Lyon et bien plus loin encore à Madrid, Londres. Ils fleurissent un peu partout dans le monde. L'image d'un bâtiment ou de tout ouvrage architectural se transforme par cette intervention. Patrick Blanc a travaillé avec des architectes de renom comme Jean Nouvel (Fondation Cartier, Musée Quai Branly).

 

 

 0977-Aix-pont-vegetal.jpg  Pont Max Juvenal à Aix-en-Provence.

 

 

Le principe

La technique a été peaufinée après de nombreuses années d'observation dans les milieux naturels. Elle repose sur une constatation scientifique : pour prospérer, une plante n'a pas besoin de terre mais d'une surface stable où les racines peuvent se fixer, d'une réserve d'eau et de sels minéraux.  

La preuve de cette affirmation est l'observation des plantes poussant sur les rochers des montagnes ou encore sur les arbres en forêt tropicale. Pour végétaliser des surfaces verticales comme des façades d'immeubles ou des murs intérieurs, des murs de parking.... la nature a été tout simplement copiée.

 

Une passion dès le plus jeune âge

Vers 10/12 ans, Patrick Blanc est passionné par l'aquariophilie. Il apprend dans une revue allemande que pour purifier l'eau de l'aquarium, il suffit d'y faire tremper des racines de philodendron. Il  met en pratique ce principe dans ses aquariums et observe le développement dans l'eau de racines blanches. Le résultat  fascine l'enfant et d'autant plus que  les végétaux croissent sans soin particulier. Sa réussite l'encourage à ajouter de plus en plus de plantes dans son aquarium. Il décide ensuite de retirer les plantes de leur milieu aquatique ce qui deviendra en quelque sorte les prémices du mur végétal.

 

Découverte des plantes tropicales

A 19 ans, étudiant, il voyage en Malaisie, en Thaïlande pour voir les plantes poussant en forêt. Son apprentissage au départ artistique et affectif évolue en travail scientifique.

 

Quelques exemples de réalisations de murs végétaux

C'est en 1994 que Patrick Blanc réalise son premier mur végétal à Chaumont-sur-Loire dans le cadre du Festival international des jardins.

En 2001, un mur du Pershing Hall Hôtel (aménagé par A. Putman) se revêtit de vert.

Toujours à Paris, le musée du quai Branly est ornementé par un mur végétal également signé Blanc.

 

musee-du-quai-branly-4.jpg Musée du quai Branly

 

Restons à Paris, les immeubles de la cour du 11-21 rue d'Alsace se parent également de végétaux.

En 2008, c'est le pont Juvenal d'Aix-en-Provence qui est recouvert de plantes.

Beaucoup d'autres références à Paris, à Lyon aussi, mais un peu partout dans le monde (Gênes, Londres, New Delhi, ...) permettent d'oxygéner un peu les villes, et d'introduire un peu de bio-diversité sur leurs murs.  Patrick Blanc passe aussi au plafond végétal. Lors de l'exposition Folies végétales à l'Espace EDF Electra en 2006/2007, il accroche des plantes au plafond. Ce projet est visible à présent dans la grande serre du Musée d'histoire naturelle de Paris.

 

 

Un brin de technique  

L'installation du mur végétal repose sur la mise en place d'un support dissocié du bâti pour éviter les dégradations. Ce support est fixé sur un cadre métallique et se compose d'une feuille de PVC expansé et d'une nappe d'irrigation permettant aux racines des plantes de se fixer mais aussi de se nourrir. Une légère couche de substrat enrichi est implantée sur la surface verticale ainsi aménagée. Les plantes sont ensuite installées à la verticale et colonisent l'espace offert. Les plantes sont choisies pour leur capacité à croître sur ce type de milieu et en fonction de la lumière disponible.

 

 P1050995.JPG Immeubles 11-21, rue d'Alsace à Paris

 

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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 11:00

Le premier musée consacré à Lalique s'est ouvert en juillet dernier. Il est aménagé sur les lieux mêmes d'une ancienne verrerie, celle du Hochberg à Wingen-sur-Moder. C'est là que le créateur choisit d'installer une seconde unité de production verrière en 1921, l'usine de Combs-la-Ville n'arrivant plus à répondre seule à la demande. 

Les bâtiments de l'ancienne verrerie ont été aménagés et reliés à une nouvelle construction par des galeries vitrées. Ce projet architectural dessinné par l'agence Wilmotte a utilisé la topographie du lieu comme élément majeur de l'architecture. L'ensemble est parfaitement intégré au paysage, l'extension a comme matière le verre et le béton habillé de pierre. La nouvelle partie est semi-enterrée et coiffée d'une toiture végétale.

Fig.1  Fig.6  

Parcours de René Lalique

René Lalique est né à Aÿ en Champagne en 1860, et décède à Paris en 1945. Il a connu et travaillé dans le style Art Nouveau, puis a évolué vers l'Art Déco.

Il apporte à la joaillerie des renouveaux imprévus en associant à l'or et aux pierres précieuses des matières qui sont peu considérées telles la corne, l'ivoire, les pierres semi-précieuses, l'émail et bien entendu le verre.

Fig.8.jpg Fig.0-intro.jpg

Ses bijoux avant-gardistes plaisent particulièrement à une élite intellectuelle et avant-gardiste. La comédienne Sarah Bernhardt compte parmi ses clientes. Calouste Gulbenkian est aussi déterminant dans sa carrière, ce puissant financier est également collectionneur et acquiert pas moins de 150 de ses bijoux et autres objets d'art.

L'exposition universelle de 1900 consacrera le talent de René Lalique, il reçoit des commandes qui dépassent les frontières de l'Europe, ses oeuvres seront exportées aux Etats-Unis et au Japon notamment.

Mais, son succès incitent d'autres à l'imiter et à le plagier. Sa dernière exposition de bijoux date de 1912. Il préfèrera ensuite travailler le verre qu'il a déjà utilisé dans ses pendentifs, ses bagues et autres créations.

Autre élément déterminant dans ce choix est sa rencontre avec François Coty en 1907 qui l'encourage dans cette voie.  Il se lance dans la fabrication de flacons de parfum, il est aussi producteur. Même si les objets sont fabriquées en série, ils restent incontestablement des oeuvres d'art.

0773-Wingen-musee-Lalique.jpg  0768-Wingen-musee-Lalique.jpg  

Les sources d'inspiration de Réné Lalique

La Femme, la Flore et la Faune sont les 3 F qui l'inspirent. Le maître-verrier est un fin observateur de la nature, il la dissèque, la scrute mais son talent ne réside pas dans l'imitation. Il recompose, transforme les plantes, les arbres, les insectes dans un langage qui magnifiera la matière verre.

 

Un talent de caméléon et d'innovateur

Ce créateur a la capacité de passer de l'art du bijou à celui du verre. Il réussit son passage de l'art nouveau à l'art déco en épurant et géométrisant les lignes de ses créations.

Ces domaines d'intervention ne s'arrêtent pas au bijou et au verre. Il signe également des bouchons de radiateurs pour les automobiles luxueuses des années folles, la décoration de trains, tel l'Orient-Express, de paquebots, parmi lesquels le Normandie, imagine des fontaines, s'intéresse à l'architecture religieuse ...

 

"René Lalique a eu le don de faire passer sur le monde un frisson de beauté" Henri Clouzot

 

Musée Lalique. Rue de Hochberg. 67 290 Wingen-sur-Moden (à 1H de Strasbourg, à 1H23 de Metz).

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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 10:45

Un centre d'architecture et d'art

Depuis 2004, Patrick Mc Killen, homme d'affaire irlandais et ami de Bono, se lance dans un véritable mécénat d'art contemporain associant art et nature.  Il s'adresse à cinq architectes lauréats du prix Pritzker; Tadao Ando, Frank Gehry, Norman Foster, Jean Nouvel et Renzo Piano. Les architectes et artistes sont invités au Château Lacoste pour s'inspirer du domaine et choisir l'emplacement de leur intervention. 

Le Château Lacoste est un endroit alliant "le culte" du vin, de la nature, de l'architecture et de l'art.

 

Architecture et environnement 

Parmi les bâtiments entièrement terminés, nous trouvons les cuveries dessinées par le cabinet de l'architecte français Jean Nouvel. Cet hangar métallique en demi arc de cercle s'intègre dans ce paysage idyllique.

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Un pavillon de musique se dresse telle une sculpture baroque, l'oeuvre est signée Frank Gehry. Cette structure en bois et en verre a été exposée à la galerie Serpentine à Londres en 2008.  

 

Tadao Ando

0407 Château Lacoste

Mon véritable coup de coeur est le centre d'accueil dessiné par Tadao Ando. Un bâtiment très horizontal, d'une superficie relativement grande mais qui s'intègre à merveille au site. Une surface d'eau apporte la magie au lieu, avec en prime des scupltures qui se dédoublent par leurs reflets et apportent poésie et calme. Cette étendue d'eau offre une réelle belle mise en scène à l'araignée de Louise Bourgeois, à Infinty de Sugimoto et à Small Crinkly d'Alexandre Calder.

Plus loin, Tadao Ando a conçu un pavillon dédié au thème de l'environnement, comme seul un japonais peut en concevoir l'essence. Un parcours presque initiatique entre ombre et lumière qui nous mène à quatre cubes.

Ne quittons pas l'architecte japonais, qui a réalisé également une chapelle. Construit en pierres du pays (représentant l'ancien), le bâtiment est entouré d'un mur en verre sur son pourtour exprimant le contemporain. Une croix rouge en perles de verre est signée  Jean-Michel Othoniel (2007-2008).

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Art et nature

De nombreux autres artistes sont intervenus in situ, Tonga, Andy Goldsworthy, Guggi, Tom Shannon, Richard Serra pour n'en citer que quelques-uns.

 

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Château Lacoste, 2750, route de La Cride, 1360 Le Puy-Sainte-Réparade.

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29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 16:07

Entrez dans l'univers de la nouvelle 

Si la concision du texte est caractéristique de la nouvelle littéraire, elle devrait connaître un succès considérable à une époque où le manque de temps est souvent prétexte à ne pas faire, à ne pas écrire ou à reporter nos intentions de lire.

Beaucoup d'écrivains se sont intéressés à ce genre littéraire, je citerai à titre d'exemple Guy de Maupassant.

Pour ma part, une rencontre avec un ami-auteur, m'a fait entrer dans l'univers de la nouvelle. 

 

Les-hommes-a-lunettes-n-aiment-pas-se-battre.jpg

 

Biographie de l'auteur
Luc-Michel Fouassier est né en mai 1968 et vit en région parisienne.
Après des études scientifiques, il a étudié quatre années à l'université de pharmacie Paris XI.
Par la suite, il s'est orienté vers l'enseignement.
Luc-Michel organise le salon du livre d'Ozoir-la-Ferrière. Ce jeune actif, a  créé le prix Ozoir'elles (parrainé par Régine Deforges).
L'auteur est aussi membre du comité de lecture de la revue littéraire Rue Saint Ambroise.

 

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Bibliographie
Son premier recueil de nouvelles, s'intitule "Histoires Jivaro" (100 nouvelles de 100 mots).
"Les hommes à lunettes n'aiment pas se battre", son deuxième ouvrage, se compose de seize nouvelles.  Luc-Michel Fouassier a choisi la maison d'édition belge Quadrature.  
L'auteur peaufine actuellement son premier roman "Un si proche éloignement" qui paraîtra en septembre aux éditions Luce Wilquin.
 
Les hommes à lunettes n'aiment pas se battre
Dans la nouvelle du même nom (P37), l'auteur nous brosse un tableau tendre et dur à la fois de cet adolescent qui souffre d'un défaut de vision. Ce petit manquement physique modifie tout un comportement et une perception de ses rapports aux autres.
Luc-Michel porte un regard acéré, fin, sensible, délicat sur les choses de la vie sous des thèmes assez variés.
Ainsi, il nous fait revivre dans Bjorn et John (P43), le match de la finale de tennis de Wimbledon du 5 juillet 1980 entre Borg et Mc Enroe. La précision qu'utilise Luc-Michel pour nous faire revivre ce grand moment est très révélatrice de ses capacités d'écriture.
Le narrateur s'identifie à John par son côté bougon, insouciant, anticonformiste. Mon penchant allait plutôt pour le beau blond suédois aux yeux bleus.
Chaque nouvelle est un univers en soi. Luc-Michel nous emmène rue des Fontaines, à Royan, à Naxos. Quelque soit  l'endroit, les personnages nous deviennent des intimes, tant l'auteur nous touche par son authenticité, la vérité des rapports humains qu'il décrit, un peu comme dans les films de Sautet. L'écriture est raffinée mais sans fioritures, juste, et quelquefois teintée d'un humour délicat.
Jalousie chlorée (P23) est un petit bijou. L'auteur exploite la veine de la jalousie en gardant le suspense jusqu'à la dernière ligne. Il plonge sa plume dans cette piscine qui obsède une épouse et qui creuse un fossé entre cette jalouse et son époux.
Trois pipis (P19) est la version attendrissante du regard d'un homme sur les préoccupations de sa compagne. Luc-Michel cite Yves Simon qui occupe une place particulière dans sa vie (P21). Yves Simon : La Compagnie des femmes
Pour conclure, je vous livre un extrait de la nouvelle Bains révélateurs.
On ne devrait jamais ouvrir les vieux placards, ni les boîtes à chaussures quand on sait qu'elles ne contiennent plus de chaussures. Cela éviterait parfois de mauvaises surprises.
N'hésitez pas vous à ouvrir les pages de "Les hommes à lunettes n'aiment pas se battre", seul de bons moments de lecture vous attendent.
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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 11:15

La découverte d'une ville, ne peut-être complète sans la visite de l'un ou l'autre de ses musées.  A New York, la partie de Fith Avenue comprise entre 82nd Street et 105th Street est surnommée "Museum Mile". Les musées les plus réputés (Guggenheim Museum, le Whitney Museum of American Art, la Frick Collection, ...) sont concentrés dans ce périmètre.  

Mon véritable coup de coeur a pour nom  le Noguchi Museum, qui lui, se situe d'un tout autre côté, à Long Island. Ma passion pour le Japon doit y être pour quelque chose, mais Noguchi est sans conteste un artiste de talent de renommée internationale.

 

 

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Isamu Noguchi naît en 1904 au Japon où il passe son enfance. Son père était un poète nippon reconnu et sa mère écrivaine américaine.

Isamu entreprend ses études supérieures dans l’Indiana. Ensuite, il voyage en Chine, en Inde, au Japon, entre autres, et séjourne en France où il devient l’assistant de Brancusi en 1927. Très jeune, il s’intéresse déjà à la sculpture et cette expérience va confirmer plus tard cette orientation artistique.

Après cette période d'apprentissage et de découverte d'horizons nouveaux, il vient s'établir à New York en 1929. Ses œuvres se vendent mal, à une époque de Grande Dépression. Lorsqu'il étend son activité à l’architecture et au paysagisme, le succès commence à lui sourire.

L’attaque sur Pearl Harbor déclenche une vague anti-japonaise aux Etats-Unis. L’artiste révolté contre l’oppression subie par ses compatriotes, poursuit son travail en dépit de ce contexte négatif. 

 

Son travail 

Sa vision artistique se traduit dans la vie quotidienne par  la création d’objets et de mobilier. Ses meubles sont devenus de véritables références du design des années 40-50, comme la Coffee Table, créée en 1944, qu'il considérait comme sa création la plus réussie.

 

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La collection de lampes Akari associe la technique traditionnelle japonaise de fabrication du papier de mûrier aux formes organiques de ses sculptures.

Il est sans doute, le plus japonais des designers américains.

Isamu Noguchi conçoit également des céramiques, des verreries, des décors de scène, des espaces publics, urbains ou paysagers...

A partir des années 1960, il délaisse le design pour s'adonner exclusivement à la sculpture.

 

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Il disparaît en 1988, à l’âge de 84 ans, laissant derrière lui une œuvre d’une grande diversité.

 

Le musée 

En 1985, il fonde à Long Island un musée dédié à ses sculptures. Quelques 200 œuvres réalisées entre 1920 et 1980 sont exposées dans une ancienne usine réaménagée. L’endroit est sobre, calme, et un petit jardin japonais expose quelques unes de ses oeuvres.

 

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Les matières sont aussi diversifiées que son travail, métal, bois, argile, pierre, tout en gardant une cohérence, une sensualité de la forme, un aspect organique, un contraste entre le brut et le lisse, le brillant et le mat. Certaines installations sont assez monumentales, mais jamais outrancières. La nuance, la subtilité caractérisent son travail qui atteint une certaine universalité que seul les tous grands atteignent. Nous ne pouvons qu’être touchés par ce langage sculptural si essentiel et à haute valeur poétique.

 

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link http://www.noguchi.org/museum

 

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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 10:48

En revenant en Inde, je sais que c'est un rendez-vous de hasards, d'impressions, de sensations, j'y retrouve une palette de couleurs, d'épices, de sourires, d'échanges avec des inconnus qui semblent heureux de vous rencontrer, bonheur partagé. Il y a surtout tout ce que je découvre pour la première fois, l'imprévu, ce qui surgit d'une route, un char à boeufs, des paysages qui défilent, des lumières, des instants fugaces que je photographie ou pas.

La rencontre avec l'indien ne se fait pas attendre. Elle survient au bar de l'aéroport de Mumbaï. Nous attendons le vol suivant pour Goa dans le Karnataka. Cinq heures de temps à tuer, à meubler, amplement le temps d'une boisson tant désirée. Nous lions connaissance avec un jeune homme indien, assis à nos côtés. Bel homme, lui aussi avide de nous connaître un peu mieux. Sanchit nous apprend qu'il est jaïn, qu'il travaille dans une banque américaine et va rejoindre sa future épouse à Delhi. Nous imaginons l'appréhension et l'importance de cette étape décisive de sa vie.

 

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Au cours de mon périple dans la région de Goa, le thème du mariage allait être récurrent. A Badami, au temple Mahakuta, j'assiste à deux mariages.  Je trouvais les mariés si tendus et apeurés que j'ai voulu en  savoir plus.

 

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La plupart du temps mari et femme se découvrent pour la première fois, lors de la cérémonie. Il s'agit de mariage arrangé, et le rôle des parents est de choisir un conjoint pour leur enfant.

A propos de première fois, la virginité est une condition impérative de l'union. Un mariage peut être annulé si ce n'est pas le cas.

Cet "arrangement" est en rapport avec le système des castes, un peu comme chez nous quand certaines familles exigent que l'on épouse quelqu'un du même milieu ; c'est déjà une même identité, un même patrimoine, une même histoire.

La famille procède à un long travail de sélection. Une fois le partenaire choisi, une carte du ciel sera effectuée pour vérifier leur compatibilité avant l'engagement (sagaï), qui tient lieu de fiançailles.

 

Le statut de la femme étant défini par le statut social de son père et de sa caste, les critères amoureux n'entrent pas vraiment en ligne de compte au moment du choix, il n'est pas nécessaire d'être amoureux. L'idée est que l'amour se développera naturellement tout au long de la vie de couple et se renforcera au fil du temps.

 

La dot

Bien que le système de la dot soit interdit depuis 1961, il reste toujours en vigueur de nos jours. La famille de la mariée doit l'octroyer à sa "belle-famille", le montant dépendra du métier du mari, de sa position dans la fratrie. La dot ne se paie pas toujours en argent, mais souvent sous forme de cadeaux (motos, réfrigérateurs, voitures ...).  Certaines familles s'endettent à vie pour payer ce dû. Si la dot tarde à être réglée, c'est la mariée qui en subira les violences physiques et psychologiques. Il arrive même que la belle-famille se débarrasse de sa belle-fille sous l'apparence d'un accident domestique ou suicide déguisé.

 

La cérémonie

Avant le mariage, des rituels importants sont pratiqués pendant plusieurs mois. Après la soirée de fiançailles, les femmes et les hommes font la fête séparément.

 

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La cérémonie du Mehndi est la peinture des mains de la femme au henné.

Lors de la cérémonie nommée "Kanyadann", la père de la future mariée donne sa main au futur époux. Le marié touche sept fois le pied de son épouse avec sa main, symbole de l'entrée de la mariée dans la famille.

La cérémonie du mariage se déroule en général en plein air autour d'un autel. Les futurs époux font sept fois le tour du feu sacré tout  en récitant leurs voeux d'amour.

Avant de rejoindre son nouveau foyer, la mariée jette derrière sa tête cinq poignées de riz, souhaitant ainsi prospérité à ses parents.

 

La vie de la femme après mariage

Après la cérémonie, la jeune épouse quitte la maison familiale pour s'établir dans celle de son mari. C'est un des moments les plus difficiles de sa vie, car elle connait peu son mari (souvent pas du tout) et devra se soumettre au diktat de sa belle-mère, souvent autoritaire sinon abusive. Elle devra également composer avec ses belles-soeurs.

Sa destinée dépend fortement des enfants qui naîtront de cette union. Le rôle qui incombe à l'épouse est de procurer des fils à la famille, c'est un devoir. Si pour une raison ou une autre, elle échoue à cette obligation, son conjoint pourra se remarier et l'épouse deviendra une simple servante ou honte suprême sera obligée de regagner la maison de son enfance.

Une fois le sexe du bébé déterminé, s'il est féminin, les suites peuvent être infanticide (avortement tardif), ou vente à des agences d'adoption... Ajoutons que l'Inde est le seul pays au monde à avoir une population masculine plus importante que la population féminine.

 

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Evolution

Aujourd'hui, l'âge moyen du mariage pour les filles s'élève à 19 ans, entre 15 et 26 ans selon que l'on soit pauvre ou riche, que l'on habite la ville ou la campagne, que l'on soit de haute ou basse caste.  Dans certaines régions rurales, des adolescentes sont mariées dès leurs premières menstruations.

L'Inde est si vaste que des différences se notent de régions à régions et selon les religions.  Ainsi, le Sud de l'Inde (lieu de mon voyage) est plus "progressiste". Le nombre de femmes autonomes et entreprenantes s'accroît considérablement.

 

Comparer le système de mariage occidental au modèle indien relèverait d'une ineptie. Mais quelle est notre réflexion face à nos sites de rencontres qui fleurissent sur Internet, où l'on trie, sélectionne un prétendant pour éviter la solitude contemporaine. Combien de femmes esseulées vont trouver le temps des vacances un amant dans les pays du tiers-monde ? Avant de juger qui que ce soit, voyons dans notre propre pays ce qui s'y passe.

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fabienneli.over-blog.org - dans Instants d'Inde
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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 17:08

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Inutile de vouloir classer Yves Simon dans une catégorie, il est auteur, compositeur, chanteur et journaliste. Chacun a au-moins une de ses chansons en tête,  "Au pays des merveilles de Juliet", "J'ai rêvé New York" ou "Diabolo Menthe". Il  a écrit tant de chansons qui ponctuent nos instants de vie. Quand il a reçu le Prix Médicis pour "La Dérive des sentiments", il s'est consacré exclusivement à la littérature. Mais, pour le bonheur de ses fans, il est revenu à la chanson en 2007 avec "Rumeurs". Rappelons qu'il a également reçu le Grand Prix Chanson de l'Académie française pour l'ensemble de son oeuvre discographique.

 

Que ce soit au travers ses chansons, ses romans, ou ses chroniques dans "Le Monde", Yves Simon exerce son talent de façon chirurgicale. Rien n'échappe à son regard de curieux, de promeneur infatigable des rues de Paris. Il scrute, consigne les odeurs, les parfums et même les rumeurs de sa ville. Si Yves Simon est un homme élégant et raffiné, ses textes le sont aussi. Nous retrouvons une adéquation entre ce qu'il est réellement et les pages que nous découvrons au fil de ses livres. Yves Simon ressemble à certains de ses personnages de romans. Il y ajoute une part de romanesque et il est dans le "Mentir vrai" cher à Aragon.

 

La compagnie des femmes peut-être qualifiée de "road novel". Le personnage principal quitte Paris pour le Midi, sans destination prévue. Au gré des paysages qui défilent, sa vie défile aussi, tout comme les femmes qui ont rendu son existence plus belle, à commencer par sa mère. Au début de roman, l'auteur parle de la "compagnie des femmes" pour terminer en compagnie d'une seule femme.

 

La rumeur dit que le roman est déjà bien perçu, espérons que le 13 porte chance à ce 13ème roman d'Yves Simon.

 

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Extrait 

Léonie était jeune et moi qui vieillissais.
Je pensai qu'il me faudrait au moins mille pages pour décrire son visage. Un millier de pages pour sculpter les contours et reliefs d'une figure de femme, avec le seul usage des mots, les lettres d'un alphabet, une grammaire et des adjectifs pimpants. Décrire avec une minutie raffinée ses lèvres ourlées, un nez joyeusement épaté, des yeux noirs effilés pareils à des corps d'abeilles. Mais encore le pigment d'une peau métissée, sa couleur exacte - ambre tendance pain au lait -, les minuscules grains de beauté disposés au pic de ses joues. Après ce travail titanesque, une image à peu près correcte parviendrait-elle à se visualiser dans l'imaginaire d'un quelconque lecteur ?
Très vite je fus convaincu que les mots seraient inopérants pour évoquer ce qui simplement nous émeut par la vue, par une photographie, ce petit ovale de réalité qu'est un visage. Je n'en éprouvai ni amertume ni rage, ma déception suffisait. Moi qui avais écrit bon nombre de romans, j'en arrivais à ce constat d'impuissance que je ne pourrais décrire à la perfection la souveraine élégance de Léonie. Ni surtout la rendre séduisante et attachante à des lecteurs lambda qui n'auraient jamais eu dans leur entourage une personne aussi émouvante qu'elle à observer. Sans doute qu'il me suffirait d'asséner que Léonie était belle et gracieuse et chacun accolerait à ces deux adjectifs un visage beau et gracieux de son choix. L'affaire serait entendue. On le sait, les attractions pour un visage sont question d'imagination, chacun a son histoire, ses souvenirs, son entendement du beau comme du gracieux et alors défilent, comme lors d'un portrait-robot, toutes sortes de bouches, de nez, un menton, des mimiques, l'abîme d'un regard, des franges sur le front, pour élaborer secrètement le visage beau et gracieux d'une personne jamais rencontrée.

 

link www.facebook.com/pages/Yves-Simon/30772941303

 

link www.yves-simon.com/

 

 

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